Le Monde qui Vient

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  • Huit Milliards de Cendrillon

    Édition en langue russe

    Le monde d’avant, le monde pendant, le monde d’après ? Sous la forme de courts essais ou de nouvelles, neuf écrivains russes contemporains posent l’ensemble des questions induites par la pause mondiale que nous venons de vivre.

    On est frappé, à la lecture de ces textes, par la hauteur de vue des auteurs, par cette façon très russe de brasser des époques entières – la réflexion sur l’Histoire et ses rythmes est très présente dans le recueil – et de penser à l’aune de la planète : aucun nombrilisme ici, aucune frontière mentale. Ces écrits nous rappellent, en outre, que la poésie permet bien souvent d’expliquer ce qui n’entre pas dans les catégories de la science…

    Participent au recueil : Marina Akhmedova, Iouri Arabov, Sacha Filipenko, Andreï Guelassimov, Chamil Idiatoulline Anna Kozlova, Sergueï Lebedev, Vladislav Otrochenko, Evgueni Vodolazkine.

    Six jeunes photographes présentent aussi leurs clichés réalisés en Russie au temps du confinement.

  • Manaraga

    Édition en langue française

    13 mars. Soir : Brochettes d’esturgeon grillées à L’Idiot. Roman
    bon poids, 720 grammes, du massif, 509 pages,
    papier vélin, reliure pleine toile. A largement suffi pour huit brochettes. Comme convenu, le client et ses sept invités avaient solennellement pris place autour du grill. Pas seulement, bien sûr, pour se convaincre que j’utilisais vraiment l’édition originale comme combustible, un volume à 8 700 livres sterling, que je ne lui avais pas substitué je ne sais quel polard nordique du XXIe siècle, étalant cent cinquante nuances de médio- crité. Ils voulaient de l’art. Ils ont été servis.
    Tout était pile poil. Et moi, j’étais au top. Évidemment, il n’y a qu’un book’n’griller averti pour connaître toutes les chausse-trappes qu’il doit éviter dans son job. Ça, c’est notre tambouille interne. Au temps où l’on
    imprimait les romans, on usait, comme chacun sait, de différents types de papier. Qui brûlent de diverses façons. Parfois, le feu s’étouffe, parfois il fait des étincelles, du coup les pages flambent et se collent à la viande ou volettent au-dessus de la tête des clients. Nos grills sont équipés de groupes filtrants, qui empêchent le papier de s’enflammer ou de se calciner. Généralement, ils ne servent qu’aux débutants. Un vrai chef doit faire travailler ses mains et sa tête. Les groupes de filtration réduisent la flamme autant que l’ampleur du spectacle. En aspirant l’air, ils rendent les choses moins présentables. Or, le livre doit être éclatant, il doit flamboyer, subjuguer. »