Petit nécessaire de la révolution et contre-révolution

Catalogues 1917 – 1927

Novembre 2017
978-2-35597-030-6
24,5 x 19 (à la française) • 208 pages

Mise en page : Galina Kouznetsova

En coédition avec les Éditions L’Inventaire

Description

Avant-propos de l’auteur, Anne Coldefy-Faucard

En ce centenaire des révolutions russes, où il apparaît que les passions ne sont pas encore éteintes, l’angle choisi ici, l’univers des objets, permet une vision impressionniste de l’évolution du pays à partir de 1917.

La période considérée s’étend sur dix ans et couvre la chute de Nicolas II et la transformation de l’empire en république dotée d’un Gouvernement Provisoire (février 1917), le coup d’État bolchevique (octobre 1917), la guerre civile (1918-1921), la Nouvelle Politique économique (NEP), consentie par Lénine en 1921, la mort du même Lénine (1924), la lutte Staline/Trotski et la victoire du premier, assurée, de fait, dès 1927. Ensuite, l’histoire de la Russie amorce son « grand tournant », et nous ne sommes plus dans la période révolutionnaire.

Dès les premiers jours de la révolution, de nouveaux objets apparaissent, qui s’ajoutent, se superposent aux objets familiers, lesquels disparaissent aussitôt ou prennent un autre statut. Très vite après Octobre 1917, le nouveau pouvoir interdit certaines choses, trop symboliques de l’ancien régime, et en impose de nouvelles, idéologiquement plus conformes.

Fusils, revolvers, haches, mitrailleuses, bouilloires, wagons, besaces, torches de copeaux, ballons, brosses à dents, mais aussi – entre autres marques de la contre-révolution – bas de soie, poudre de riz, parfums, rouge à lèvres, les objets de cet apparent «fourre-tout » conçu à la manière d’un catalogue type « Armes et cycles de Saint-Étienne » ou « Chasseur français » années vingt, assemblent le puzzle d’une Russie devenant soviétique.

Une nouvelle mode vestimentaire, « tout cuir », a fait son apparition depuis la fin de l’année 1917. Ses adeptes sont aisément reconnaissables, leur appartenance et, dans nombre de cas, leurs fonctions ne laissent pas le moindre doute.

Les bolcheviks portent presque tous des vestes de cuir. Certains ne les appellent d’ailleurs pas autrement : les « Vestes de Cuir ».

Les « cuirs », toutefois, désignent bien souvent, en réalité, les hommes de la Vétchéka, « Commission panrusse extraordinaire pour combattre la contre-révolution et le sabotage » (abrégée en Tchéka, « Commission extraordinaire »), créée par Félix Dzerjinski, dès le mois de décembre 1917, à la demande de Lénine.
Les tchékistes, comme on nomme ceux qui œuvrent pour la « Commission », sont, le plus souvent entièrement vêtus de cuir. Pratiques, ces vêtements ont aussi un effet psychologique sur les masses et sur les contre-révolutionnaires : quand ces hommes, portant ce qui évoque un uniforme pesant, raide et sombre, débarquent dans un immeuble pour effectuer une perquisition ou appréhendent quelqu’un dans la rue, la terreur saisit tout le monde alentour. »

 

Auteur(s)

Ex-professeur de littérature russe à la Sorbonne, éditrice, traductrice de Dostoïevski, Gogol, Soljenitsyne, Svetlana Alexievitch, Sorokine (dont le dernier Manaraga).