12 х 15 · 208 p.
- Illustrations de Evguenia Dvoskina
«Une dame qui chante avec la voix d’un pur ruisseau français la triste tendresse qui fait battre si vite le cœur des bêtes.»
Francis Jammes
Douze dialogues de l’écrivain français Colette (1873-1954), écrits sur une dizaine d’années, où se mêlent poésie, jeu, sensibilité et références autobiographiques.
Les premiers (Sentimentalités, Le voyage, Le dîner est en retard, Le premier feu) sont publiés en 1904 et seront réédités en 1905 avec trois nouveaux textes (Elle est malade, L’orage et Une visite). Une troisième édition, en 1930, en comportera cinq de plus (Music-hall, Toby-chien parle, La chienne, Celle qui en revient et Les bêtes et la tortue), dans lesquels on notera un changement de ton : entre-temps, Colette aura divorcé et il y aura eu la guerre de 1914-1918 : les bêtes, comme elle, auront perdu leur innocence et seront devenues plus graves.
Ni roman ni pièce de théâtre, Dialogues de bêtes est une conversation entre le chien et le chat de la maison, Toby-Chien et Kiki-la-Doucette, qui partagent la vie d’un couple de
« deux-pattes ».
Extrait
TOBY-CHIEN : Elle me saisit par la peau du dos, comme une petite valise carrée, et de froides injures tombèrent sur ma tête innocente : « Mal élevé. Chien hystérique. Saucisson larmoyeur. Crapaud à cœur de veau. Phoque obtus… » Tu sais le reste. Tu as entendu la porte, le tisonnier qu’elle a jeté dans la corbeille à papier, et le seau à charbon qui a roulé béant, et tout…
KIKI-LA-DOUCETTE : J’ai entendu. J’ai même entendu, ô Chien, ce qui n’est pas parvenu à ton entendement de bull simplet. Ne cherche pas. Elle et moi, nous dédaignons le plus souvent de nous expliquer.